Pronom-bre(s)
Article mis en ligne le 1er janvier 2021
dernière modification le 16 janvier 2021

par Alain BOUDET

Lui
n’avance plus trois pieds
l’un derrière l’autre.

Tout
est un je
de dupes.

Tout-le-monde
s’
entre-tu.

Pronom-bre(s)
Grégoire Cabanne
Éditions MF, 2020
Collection Inventions
ISBN 978-2-37804-019-2
15,00 €

Dans la continuité de Michel, Leila, son précédent opus, Pronom-bre(s) creuse le sillon. Le précédent livre était titré de prénoms. Celui-ci de pronom(s). On pourrait penser que c’est là un jeu (c’en est un d’une certaine manière) qui impose là une relation désincarnée, une manière d’anonymat. Mais le travail d’écriture est ici une mise en relation(s) qui se déploie en abyme. Les pronoms, personnels ou indéfinis, associés, créent une humanité, développent un universel, déroulent des mises en situation qui bousculent. Nous sommes dans un texte où l’on court, où l’on s’essouffle, où il est nécessaire de se poser pour reprendre le fil. Oui, c’est bien un fil qu’il nous faut suivre, comme Ariane dans le labyrinthe. Un travail sur le langage qui ne manque pas d’originalité. Par ce qu’il dit et par la manière dont il le dit. Le procédé aurait pu produire plus court. Ou plus long…

Je suis moins convaincu par Nom-bre(s), la seconde partie qui me laisse un peu au bord de la route. Et je ne suis pas sûr qu’il ait été nécessaire d’expliquer en postface la démarche qui préside à l’élaboration de l’ouvrage. Cela réduit un peu le propos à une démarche toute cérébrale. Pas sûr que cela éclaire le lecteur…

Alain Boudet