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La toile de l’un
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On cherche quelqu’un
Article mis en ligne le 1er mars 2015
dernière modification le 18 février 2015

par Robert Froger

On regarde le ciel sur la vitre.
On se souvient d’un corps, de son ombre.
On entend - peut-être est-ce un écho -
la voix perdue. Un peu d’air s’attarde
tout autour comme un reste de souffle.
Trois oiseaux emportent sur leurs ailes
la lumière du jour qui s’en va.
On voit une image se défaire
qu’on voudrait, qu’on ne peut pas garder.

On cherche quelqu’un
Jacques Ancet
DANA, 2002
ISBN 2-911492-33-1
8,00 €

Loin des mots larmoyants, Jacques Ancet fait le constat, le mot est important, de la disparition d’un être cher. Il s’agit, en l’occurence, du poète espagnol José Ángel Valente (que Jacques Ancet traduisait en français) à la mémoire duquel le livre est dédié.
Avec des signes tangibles de la disparition, comme les mots "s’effacer", "les signes épars de sa non-présence", "la trace qui peu à peu se dissout", "la pâleur cendreuse de la vie qui fuyait", il représente une lente disparition qui fait que l’"On cherche quelqu’un" qui n’est plus, du moins dans sa signification physique.
Au-delà des signes matériels, c’est aussi la voix qui parle au silence, l’ombre et le noir qui jouent avec la lumière.
Et pourtant, au terme de cette évocation qui fait la part belle au concret, il "ne reste que le vide de la lumière."

Robert Froger