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Le poème du mois
Article mis en ligne le 1er octobre 2015
dernière modification le 8 septembre 2015

par Alain BOUDET

Éloge des larmes

Leur silence glisse lentement sur les joues ; les larmes n’ont pas d’autres rivages. Leur source gonflée des violences ou des douceurs du jour, laisse jaillir les reflets, qui perlent à l’orée du désir, pour disparaître en chapelet sous le grain de la peau. Les larmes disent tout sans un mot, ne sont ni mâles ni femelles, ni joyeuses ni tristes. Les larmes ne parlent pas les langues étrangères. Elles sont transparentes comme les secrets. Elles prient leur dieu qui respire dans une gorge profonde, et passent, le regard caché à l’intérieur des plaies, comme des doigts. Elles sont la naissance et la vie. Les larmes n’ont pas d’amis. Un baiser vient les boire par amour parfois, attentif à leur jeu de pluie, parole humide au bord des lèvres. Les larmes n’ont qu’un visage à dire : celui du lendemain, et se taisent.

Yves-Jacques Bouin - inédit (28 août 2015)