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les bilingues

Découvrez des poèmes en version bilingue. Une bonne manière de découvrir la poésie ET les langues, particulièrement dans les apprentissages à l’école, au collège et aux lycées.

Article mis en ligne le 1er janvier 2016
dernière modification le 23 novembre 2017

par Alain BOUDET
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 La guitare

Commence le pleur
De la guitare.
De la prime aube
Les coupes se brisent.
Commence le pleur
De la guitare.
Il est inutile de la faire taire.
Il est impossible
De la faire taire.
C’est un pleur monotone,
Comme le pleur de l’eau,
Comme le pleur du vent
Sur la neige tombée.
Il est impossible
De la faire taire.
Elle pleure sur des choses
Lointaines.
Sable du Sud brûlant
Qui veut de blancs camélias.
Elle pleure la flèche sans but,
Le soir sans lendemain,
Et le premier oiseau mort
Sur la branche.
Ô guitare !
Ô coeur à mort blessé
Par cinq épées.

Traduit de l’espagnol par Pierre Darmangeat, in Anthologie bilingue de la poésie espagnole, Editions Gallimard (La Pléiade), 1995

La guitarra

Empieza el llanto
De la guitarra.
Se rompen las copas
De la madrugada.
Empieza el llanto
De la guitarra.
Es inútil callarla.
Es imposibile
Callarla.
Llora monótona
Como llora el agua,
Como llora el viento
Sobre la nevada.
Es imposibile
Callarla.
Llora por cosas
Lejanas.
Arena del Sur caliente
Que pide camelias blancas.
Llora flecha sin blanco,
La tarde sin mañana,
Y el primer pájaro muerto
Sobre la rama.
¡ Oh guitarra !
Corazón malherido
Por cinco espadas.

Federico Garcia Lorca - Poema de la siguiriya gitana, in Poema del cante jondo, 1921

Tu contemples
Le vent qui lève
Une île sans rivière
Une barque de feuilles.

Tu te choisis des mains
De lune ou de soleil.

Tu sépares
L’eau du ciel.
Tu fais des pas
A franchir les planètes.
Tu effaces
Le gris du monde.


Jacqueline Held

Tú contemplas
el viento que se levanta
una isla sin río
una barca de hojas.

Tu escoges unas manos
de luna o de sol

Tú separas
el agua del cielo
Tú das pasos
que salvan los planetas
Tú borras
lo gris del mundo

Traduction de François Beaugey

Voltiger
C’est marcher dans l’herbe
Sans écraser un seul brin
C’est plus facile d’être oiseau
Mais quelle prison
Ce ciel uniquement.

Véronique Wautier
douce la densité du bleu
l’arbre à paroles 2002

Revolotear
Es andar en la hierba
Sin aplastar ni una brizna
Es más fácil ser pájaro
Pero qué cárcel
Este cielo únicamente.

Traduction de Dany Fontaine

Pour atteindre l’ombre
Il me suffit d’un arbre

Pour approuver le vent
Il me suffit d’une herbe

D’un souvenir
Pour que le ciel s’éclaire

De ton regard
Pour donner sens au monde.

Hélène Cadou
Retour à l’été - Maison de poésie, 1993

Para alcanzar la sombra
Sólo necesito un árbol

Para aprobar el viento
Sólo necesito una hierba

Sólo un recuerdo
Para que el cielo se ilumine

Sólo tu mirada
Para dar sentido al mundo

Vuelta al verano
Traducido por Dany Fontaine

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La fin de la nuit d’été

La tête du chardon
se tourne vers les lumières
au-dessus de l’eau. Un oiseau
a écrit des signes
dans les feuilles du frêne. Le poisson,
autour des racines de roseau et de jonc,
étale le rouge de ses nageoires.
…/…

Traduction de Jean-Claude Schneider

Das Ende der Sommernacht

Der Distelkopf
schlägt nach den Lichtern
über dem Wasser. Ein Vogel
hat Zichen geschrieben
ins Eschenlaub. Um die Wurzeln
von Schilf und Rohr
legt aus der Fisch sein Flossenrot
…/…

Johannes Bobrowski
extrait de Signes du temps
© Atelier La Feugraie, 1992

L’eau

Tu parles encore,
eau, tu parles,
tu es venue par les fourrés,
à pas menus, sous le vent ;
lui, il cherchait les rivières, par-delà
l’obscurité, et la barque
où la lune voyage, dans le foin,
tu l’as entendu dire :
Voici les saules,
voici la maison du hibou.
…/…

Traduction de Jean-Claude Schneider

Das Wasser

Du sprichst noch,
Wasser, du sprichst,
du kamst im Gesträuch mit den kleinen
Schritten unter dem Wind ;
er suchte dir Flüsse hinter,
det Finsternis und das Boot,
darin des Mond fährt, im Heu,
du hörest ihn sagen :
Hier sind die Weinen,
hier ist das Eulenhaus.
…/…

Johannes Bobrowski
extrait de Signes du temps
© Atelier La Feugraie, 1992

Lassitude

Je suis las…
J’ai conversé avec les arbres
et j’ai souffert de la sécheresse avec les moutons.
J’ai chanté dans les bois avec les oiseaux.
J’ai aimé les jeunes filles au village.
J’ai regardé là-haut le soleil.
J’ai vu la mer.
J’ai travaillé avec le potier.
J’ai avalé la poussière de la route.
J’ai vu les fleurs de la mélancolie sur le champ de mon père.
…/…
Je suis las…

Traduction de Roland Hofer-Bury

Müde

Ich bin müde…
Mit den Bäumen führte ich Gespräche.
Mit den Schafen litt ich die Dürre.
Mit den Vögeln sang ich in Wäldern.
Ich liebte die Mädchen im Dorf.
Ich schaute hinauf zur Sonne.
Ich sah das Meer.
Ich arbeitete mit dem Töpfer.
Ich schluckte den Staub auf den Landstraße.
Ich sah die Blüten der Melancholie auf dem Feld meines Vaters.
…/…
Ich bin müde…

Thomas Bernhard
Poemes
© Librairie Séguier Archimbaud, 1987

Orages d’été

Bruits de pluie sur un toit.
L’humidité affleure
et l’herbe pousse.
Chaque jour des sectaires nous distillent
d’épineuses questions d’identité
alors qu’on s’efforce le matin
dès l’aube et non sans mal,
d’éloigner l’idée de mauvaise herbe

Orages d’été,
herbes des terres arables,
des jardins, des landes
et des marais.
Je salue votre unique identité,
celle du vivant,
de la république des oiseaux.

© Francis Krembel
Le grand TOUT

Sommergewitter

Prasseln des Regens auf ein Dach.
Feuchtigkeit erscheint
und das Gras wächst.
Täglich verbreiten Fanatiker
knifflige Fragen zur Identität
wo wir doch seit Tagesanbruch
und nicht ohne Mühe daran arbeiten
die Vorstellung von Unkraut loszuwerden.
Sommergewitter

Gräser des Ackerlands
der Gärten und Heiden
der Sümpfe.
Ich grüße euer gemeinsames Wesen
das des Lebendigen
der Republik der Vögel.

© Francis Krembel
das große Ganze

Parler : remuer du vent
écrire : remuer des mots
travailler : remuer des choses
voyager : se remuer.

Clod’Aria

Reden : Wind bewegen
schreiben : Wörter bewegen
arbeiten : Dinge bewegen
reisen : sich bewegen

Clod’Aria

Bitte
Bitte mein Herr
Bitte mein Herr Elefant
Bitte mein Herr Elefant seien Sie si freundlich
Bitte mein err Elefant seien Sie si freundlich une nehmen Sie irhen linken Vorderfuß von meinem rechten Fuß.
Danke vielmals.

Michel Monnereau

Bitte
Bitte mein Herr
Bitte mein Herr Elefant
Bitte mein Herr Elefant seien Sie si freundlich
Bitte mein err Elefant seien Sie si freundlich une nehmen Sie irhen linken Vorderfuß von meinem rechten Fuß.
Danke vielmals.

Michel Monnereau

Livre de chevet
Toute la lumière du jour
pliée dedans

Monique Leroux-Serres

Buch auf dem Nachttisch
All das Licht des Tages
darin gefaltet

traduction de Eleonore Nickolay

Dans le vieil ormeau mort debout,

Dans ce squelette à contre-ciel
Qui tient tête au vent noir,
Notre mémoire bat toujours.

Il avait charge de ce monde,
Nous mêlait à l’enfance des fables,
A ses viviers d’étoiles tutélaires,
A ces milliers d’oiseaux enfuis
Par la brèche du temps.

Il nous garde vivants
Dans sa houle de songes.

Il nous aide à tenir
Encore un peu.

Pierre Gabriel
Pour un temps (L’Arbre à Paroles, Amay 1990)
in La Fête de la vie - Editions En Forêt

In der alten, aufrecht gestorbenen Ulme,

In diesem vor dem Himmel aufragenden Skelett,
Das dem schwarzen Wind trotzt,
Schlägt unsre Erinnerung immer noch.

Sie hatte die Welt zu hegen,
Verband uns mit der Märchenkindheit,
Mit ihren Fischteichen voll schützender Sterne,
Den Tausenden von Vögeln,

Die durch die Bresche der Zeit geflohen sind.

Sie hält uns am Leben
Im Wogen ihrer Träume.

Sie hilft uns auszuharren,
ein wenig noch.

in Das Fest des lebens - Verlag im Wald
traduction Rüdiger Fischer

Déjeuner du matin

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler

Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder

Il s’est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu’il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder

Et moi j’ai pris
Ma tête dans ma main
Et j’ai pleuré.

Frühstück

Er hat den Kaffee gestellt
in der Tasse
Et hat die Milch
in dem Kaffeetasse gestellt
Et hat den Zucker
in dem Milchkaffee gestellt
Mit dem Teelöffel
er hat gedreht
Er hat der Michkaffee getrunken
Und er hat die Tasse ausgeruht,
ohne ein Wort zu sagen

Er hat eine Zigarette
angefeuert
Er hat Kreise
mit dem Rauch gemacht
Er hat die Asche
Hinter dem Aschenbecher gelegt,
Ohne mit mir zu sprechen,
Ohne mich anzusehen

Er ist aufgestanden
Er hat sein Hut
auf seinem Kopf gelegt
Er hat seinen Regenmantel gelegt
Weil es regnete
Und er ist
im Regen gegangen
Ohne Wort
Ohne mich anzusehen

Und ich habe mein Kopf
in meinen Hände gegriffen
Und ich habe geweint.

Jacques Prévert
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L’oiseau du Colorado
Mange du miel et des gâteaux
Du chocolat et des mandarines
Des dragées des nougatines
Des framboises des roudoudous
De la glace et du caramel mou.

L’oiseau du Colorado
Boit du champagne et du sirop
Suc de fraise et lait d’autruche
Jus d’ananas glacé en cruche
Sang de pêche et navet
Whisky menthe et café.

L’oiseau du Colorado
Dans un grand lit fait un petit dodo
Puis il s’envole dans les nuages
Pour regarder les images
Et jouer un bon moment
Avec la pluie et le beau temps.

Robert Desnos
in Destinée arbitraire (Gallimard)

The bird from Colorado
Feeds on honey and cakes
On chocolate and tangerines
Dragées and nougatines
Raspberries and hard candy
Ice cream and soft caramel.

The bird from Colorado
Drinks champagne and syrup
Strawberry squash and ostrich milk
Chilled pineapple juice in a jug
Blood from peaches and turnips
Mint whisky and coffee.

The bird from Colorado
Takes a nap in a big bed
Then flies away into the clouds
To look at the pictures
And to play for a while
Come rain or come shine.

Traduction Alain Boudet et Francis Hourquebie

pour tous ces nuages
mes deux épaules seront-elles
assez solides ?
Le vent retourne les corbeaux
comme des ombres chinoises

Monique Leroux-Serres

for all these clouds
will my shoulders be
strong enough ?
crows turn over in the wind
like Chinese shadow puppets

traduction de Janick Belleau

Tu entres
au cœur de l’espace
comme dans un nid
où tu poserais tes ailes

Un duvet de rose à tes pieds
pour te consoler
du poids de la terre

Et toujours
autour de toi
cette douceur de l’air
qui te dit
que toute chose
est habitable
ici bas.


Marilyse Leroux, Le temps d’ici, éditions Rhubarbe 2013

You enter
the core of space
as you would a nest
where to rest your wings

A velvet of roses at your feet
to comfort you
from the weight of the land

And always
around you
the sweetness of the air
which tells you
that every thing
is habitable
here below.


Marilyse Leroux (From Le temps d’ici, éditions Rhubarbe, France 2013) - Traduction Eve Lerner

Certains jours
la lumière s’unit aux arbres
pour une danse immobile
en dehors de nous
 
On aimerait glisser
contre l’écorce
et sentir monter en soi
les veines de la terre
 
Le jour nous confondrait
dans ses feuillages
nous serions la peau du ciel.
 
Marilyse Leroux, Le temps d’ici, éditions Rhubarbe 2013.
Some days
the light mingles with trees
for a motionless dance
outside of us

One would like to huddle
against the bark
to feel throbbing inside
the veins of the earth

The day would confuse us
with the foliage
we would be the skin of the sky.

Marilyse Leroux (From Le temps d’ici, éditions Rhubarbe, France 2013) - Traduction Eve Lerner

Nous sommes de ce pays d’ici
aux terres bleues dévorantes
 
De ce rêve sans âge
qui court sur la face nue des pierres
 
De cette ombre toujours neuve
à l’avant du jour
 
Nous sommes de ce pays d’ici
nos chemins sont nos racines
nos pas herbes vivantes
offertes à la magie de l’air
pour une simple fleur
de sang.

Marilyse Leroux (Le temps d’ici, éditions Rhubarbe, France 2013)

We are from this country
of devouring blue lands

From this ageless dream
running on the naked faces
of stones

From this shadow ever new
just before daylight

Our paths are our roots
Our steps living grasses
offered to the magic of the air
for a simple flower
of blood.

Marilyse Leroux (From Le temps d’ici, éditions Rhubarbe, France 2013) - Traduction Eve Lerner

Cette branche dans les fougères
était un cerf rouge
s’abritant de la pluie

***

Dans le silence vert et mouillé
du bois de pins
le cri noir du corbeau

***

Absorbée par son travail
ne disant mot -
l’araignée

 

That branch among the fern
was a red stag
sheltering from the rain

***

In the wet green silence
of the pine wood
a crow’s black call

***

Getting on with the job
never saying a word -
the spider

Kenneth White - Trois haïkus extraits de L’Anorak du goéland - L’instant perpétuel 1987 - Traduction de l’auteur

Déjeuner du matin

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler

Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder

Il s’est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu’il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder

Et moi j’ai pris
Ma tête dans ma main
Et j’ai pleuré.

Breakfast

He poured the coffee
Into the cup
He poured the milk
Into the cup of coffee
He added the sugar
To the coffee and milk
He stirred it
With a teaspoon
He drank the coffee
And put back the cup
Without speaking to me

He lit
A cigarette
He blew some rings
With the smoke
He flicked the ashes
Into the ashtray
Without speaking to me
Without looking at me

He got up
He put his hat
On his head
He put on his raincoat
Because it was raining
He went out
Into the rain
Without a word
Without looking at me

And I
I took my head
In my hands
And I wept

Jacques Prévert
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