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Le sang le soir
Article mis en ligne le 1er décembre 2016
dernière modification le 28 novembre 2016

par Alain BOUDET


J’avais un rêve
Au fond de moi
Un rêve qui me tenait debout
Un rêve
Comme un cumulus dans un ciel d’été

Et le ciel alors est encore plus beau de ce nuage

Presque un rêve de rêve
Tant il brillait
D’innocence et de franchise
De confiance partagée

J’avais un rêve

… Et le ciel s’est éteint

Le sang le soir
Guy Allix
Éditions Le Nouvel Athanor, 2015
ISBN 978-2-35623-053-9
15,00 €

D’emblée, le titre témoigne : les poèmes de ce livre disent ce qui dans la vie s’achemine, le sang battant aux tempes de l’existence qui va et qui passe. Il est vrai que la poésie est, d’abord, interrogation. Elle n’apporte aucune réponse, mais impose son inquiétude, tâchant de mettre un peu de sérénité dans la fébrilité d’être.
Il y a, chez le poète, une fêlure de l’enfance qui sans doute le fragilise. Mais dans le poème qui devient creuset complice, il cherche - et trouve - une manière de se tenir debout. La force de la parole poétique, c’est d’interroger, pas de répondre. Et cette démarche est un rempart au désespoir. Si la poésie de Guy Allix peut, dans ce livre, sembler sombre au premier abord, il s’y trouve davantage de désarroi que de désespérance. Et vivre avec le poème le conduit à une forme d’humilité qui le sauve du gouffre. 
L’acceptation d’être peu et d’aller, peut-être, vers rien, donne à ce peu une expansion, une ouverture qui disent, dans l’interrogation sur soi, une présence aux autres et au monde. Dès lors se trouvent liés l’intime et l’universel dans ce qui s’appelle, finalement, la fraternité.

Ce livre a obtenu le prix François Coppée 2016

Alain Boudet