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La toile de l’un
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Le poème du mois
Article mis en ligne le 15 juin 2019
dernière modification le 6 juin 2019

par Alain BOUDET



Juste en face
Trop spontanée me suis avancée
Maintenant elles me regardent les roses
Elles s’insurgent et me poussent à la faute
Me regardent Les paupières concentrées
Petits visages démultipliés
Si lentement défroissés palpitent
Chacune m’observe sans gêne - sans ciller
On te l’avait bien dit - disent-elles
Oublie tes rancunes – Oublie - ma fille

Écoute
Les roses à peine roses et vaporeuses
Un fugace trait de rouge au scalpel
Ont de doux rieurs visages de vieilles
Quels regards insolents - elles me jettent
De m’avoir vu là en étrangère
Puis me lire à mon insu - fantôme
Leurs capiteux sourires me transpercent
Car elles semblent un temps me reconnaître
Moi pareillement complice - je me tais
Suis au parfum – et soudain moins lasse

Attends un peu
Le paysage du massif s’est agité
Un grillon puis un autre ont parlé fort
Les roses sont turbulentes et inquiètes
Tant pis on va jouer quand même - Disent-elles
Trois pailles pour qui rira la dernière
Alors elles chantonnent corolles ouvertes
Par chance ce soir une abeille est là
Un peu par hasard – elle compte les points
De dix en dix – tant qu’il fera jour
Entend ton cœur de rose – en sourdine

© Huguette Hérin (inédit)