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Anatomie d’un benêt
Article mis en ligne le 1er novembre 2020
dernière modification le 21 octobre 2020

par Robert Froger

Bas en couleur


Mes tuyauteries ont beau être rutilantes
à force de purges et de ponctions,
mon corps a le blues parfois.
Je broie du noir
au kilomètre.
Tout n’est jamais
tout noir ni tout blanc
au fond de moi.
Le souci, c’est que le spectre
des couleurs me reste invisible.


Anatomie d’un benêt
suivi de
Vingt-trois déclarations fébriles
Antoine Sanipolas
Éditions Gros Textes, 2020
ISBN 978-2-35082-452-9
6,00 €

 

Les éditions Gros Textes publient - on l’imagine, avec son consentement - le carnet de santé d’Antoine Sanipolas. L’auteur n’a que très peu sollicité le corps médical. Il s’est lui-même ausculté, radiographié, analysé. Il compte prendre son temps pour s’autopsier car il ne parle de cette dernière étude qu’au futur... Antoine Sanipolas parle de et avec son corps, ce qui semble l’aider à l’apprivoiser. Il n’étudie pas seulement l’enveloppe corporelle mais essaie aussi d’y trouver ses sentiments : Tout au fond, / bien enfouis / sous le ventricule gauche, / j’ai déposé quelques pressentiments / en espérant que certains battements / et travaux de pompage bien cadencé / finiront par les transformer / en sentiments profonds. 
Après cette "Anatomie d’un benêt", l’auteur nous livre, dans la seconde partie du recueil, "Vingt-trois déclarations fébriles" qui sont étude du "mystère de l’amour" où le corps se confronte au sentiment amoureux. Les êtres et les cœurs se parlent et se rapprochent. "Cette quête revigore. / jusqu’au jour certain / où tu m’en iras".


Robert Froger