S’unir avec
Article mis en ligne le 1er décembre 2020
dernière modification le 13 février 2021

par Robert Froger

Il faudrait, René, que des mots simples, coquelicots les bons jours, parfois ronces ou chiendent, aient le pouvoir d’aimer au point de partager douleur et malheur de ceux que la vie use prématurément, d’apaiser, de guérir...
Mais alors, pour qui ne se prendrait-on pas ?
Non. Maladroits et fragiles nous restons, désarmés face aux peines des autres : nous ne sommes pas dans leur chair.
Ce sont pourtant des mots que tendent gauchement nos mains, simples fleurs jaillies du cœur avec l’onguent qui apaise, la couleur qui réjouit.

S’unir avec
Paul Badin
Illustration de couverture : Gravure de Gérard Houver
Éditions du Petit Pavé, 2020
ISBN 978-2-84712-638-9
12,00 €

À la lecture de "S’unir avec" de Paul Badin, on peut imaginer l’auteur, dans un aéroport, sa valise pleine de mots à la main pour mieux livrer ses sentiments, prêt à partir dans toutes les directions de l’espace et du temps pour "S’unir avec" les êtres, les pays, les villes, le passé, le présent.
Partir partout où il y a l’Humain, une humanité rassurante ou inquiétante, pacifique ou belliqueuse, bienfaisante ou maléfique. Il lui est indispensable de rejoindre cette polyphonie de voix, de prénoms, d’âges, tout cela pour se comprendre et comprendre les autres. C’est une quête perpétuelle.

Entretenir sa passion
suffit pour continuer d’écrire.
S’enraciner au terreau quotidien

Il s’agit bien là de donner voix à l’autre, de le représenter, d’éviter qu’il ne tombe dans l’oubli.
Paul Badin tente, et réussit, une réunion de (grande) famille.

Robert Froger