Respirez les sourires De toutes ces haines stupides ces fleurs que l’on écrase à l’aube de l’éclosion au nom d’une pensée aux couleurs différentes ou de légitime frivolité se baignant dans l’air libre De tout ce sang versé qui célébrait la vie ces innocences bafouées dans la terreur, le carnage que faire, que répondre sinon continuer à nous ouvrir comme pétales au soleil avec la caresse du vent la bienveillance de la terre qui berce d’un même rythme le monde en entier Chantez avec des fleurs fêtez toutes les couleurs portez l’amour en boutonnière, allongez-vous sur des parterres odorants respirez les sourires, respirez les sourires même à l’ombre même au soir triste respirez les sourires qui ne se voilent… Louis Bertholom | Nous récoltons les moissons de nos seigneurs Et les coquelicots dans le blé de notre jeunesse Sont à la parade, insolents dans l’herbe si tendre. Nous buvons le fiel du vin des maîtres La corde sur le cou, attendons à leurs pieds, L’ordre d’aboyer à la nuit gangrénée Par la peste émotionnelle pour mordre le vide. Nous sommes nés et vivons comme l’air, libre D’aller, où nous semble bon, dire ce que voulons. Dans le désert crier sous la lune, rien n’importune, princes, rois, puissants, qui couvrent d’un bruyant brouhaha le silence de celui qui jamais n’aura parole. Ainsi va l’ordre du monde, dites-vous. Pas d’innocence encore moins de naïveté Nous récoltons sur nos mains le sang de nos enfants, tandis que nos maitres boivent le divin nectar des bénéfices de cette boue pétrie aux alliances vénales de real politic fleurant bons le pétro-cash La géo stratégie, l’influence de vérole. Innocence dites-vous, où la poésie n’aurait pas sa place. Lot du poète, d’extraire l’or, même de l’horreur… Et vous maîtres, comment de cette récolte séparerez-vous, le bon grain de l’ivraie ? Saïd Mohamed |
Je pétris les mots À fleur d’émotion Je les chante À l’eau de clarté Je les teinte Au levain d’espoir Et par la poésie Je veux croire encore À l’échange Et au partage Paul Bergèse | Pas peur De la mort et des anges impossibles de la fin des temps Pas peur Des avions-suicides téléguidés par la mauvaise pensée Pas peur Des barricades sans servants du parcours des pauvres Pas peur Des envouteurs de rêves qui dorment sur des clous Par peur Des castrateurs de maïs qui se trompent souvent de cible Pas peur Des snipers embusqués qui me visent au cœur Pas peur Des soldats en nuisettes dont les grenades foirent Pas peur Des sorciers de la parole muets comme des carpes Pas peur Des glandeurs en tout genre sans genre défini Pas peur Des pirates impliqués dans les mœurs en rupture Pas peur Des prêcheurs du faux grassement rétribués Pas peur Des masques d’halloween en pâte de carton Pas peur De ceux qui me trahissent sans mauvaise pensée Pas peur Des femmes de triste vie qui veulent m’épouser Pas peur Des géographes de l’absurde qui relookent les champs Pas peur Des plénipotentiaires véreux qui trahissent leur mission Pas peur Des politiques d’opérette qui nous refilent du vent Pas peur Des grands prêtres sans chapelle dont la foi erre folle Pas peur Des amitiés de sables qui s’effritent à l’ouragan Pas peur De l’assassin discret qui sème son Adn à la ronde Pas peur Du flic de coin de la rue planté en pleine avenue Pas peur Du lait qui déborde à la flamme des aventures Pas peur Du loup qui se mord la queue en tournant la manivelle Pas peur Des médecins de l’impossible qui charcutent la montagne Pas peur Des navires en cale sèche qui veulent s’acheter des jambes Pas peur Des douaniers de la débauche en tenue de gauchos Pas peur Des toréros furieux qui ont perdu leur queue à la place du taureau Pas peur Des proxénètes notoires qui remplacent leurs gagneuses Pas peur Des fonctionnaires d’un soir à peu près renfloués Pas peur Des généraux d’opérettes qui ont mis leurs galons dans la confiture Pas peur Des routiers américains de la route 792 bis en panne Pas peur Des monarques de vespasienne qui ne se sentent plus pisser Pas peur Des chevreuils landais un soir d’hécatombe Jean-Pierre Lesieur |