Voici un inédit qu’Alain Boudet a écrit en 2020 pour sa dernière petite-fille Amélia.

 

Un sourire se lève

sur le matin de ton visage

 

Un sourire pour le jour à vivre

dont nous ne savons rien encore

Une journée à vivre

et la douceur des heures

à grapiller

comme perles d’un chapelet

de petits instants de tendresse

 

Et le soir

une buée de mots

comme promesse d’un poème

après la brume évaporée du jour

7 et 14 décembre 2020

Illustration Anne-Laure Sacier

Ecoutons Alain lire ce poème lors d’un entretien le 10 mars 2021 dans le cadre du printemps des poètes à Tours.

 


J’ai décidé de faire un voyage.

Ce sera un long voyage, très long.
C’est pourquoi j’emporterai ce que j’aime le plus : ma baleine.
Ma baleine est grande,
comme toutes les baleines.
Et ma valise est petite,
comme toutes les valises.

Les baleines n’aiment pas les valises :
elles aiment la mer immense et bleue.
Moi non plus, je n’aime pas les valises :
je ne sais jamais quoi y mettre
et je crois toujours que j’oublie quelque chose...
Mais cette fois, ce sera différent.
Cette fois, ma baleine vient avec moi.
...
 

Comment mettre une baleine dans une valise ?
Guridi
Traduction : Anne Casterman
CotCotCot Éditions, 2021
978-2-930941-33-2
13,50 €

"Comment mettre une baleine dans une valise ?" 
N’est-ce pas toute la problématique de la poésie ? La poésie fait les constats, pose les questions mais elle veut aussi montrer la réalité des choses. Et la réalité est souvent dure ! Ici, c’est celle du départ qui est évoquée. Partir, mais en emportant qui, quoi ? en laissant qui, quoi ? Ce voyage, est-ce un loisir ou un exil ? La fin nous éclairera.
Le texte et les illustrations, magnifiques de simplicité, sont de Guridi, auteur espagnol. Ce personnage, au visage anonyme sur toutes les illustrations, et qui part, qui est-ce ? Vous, moi, nous tous ? Il nous amène à nous interroger nous aussi. Qu’emporterions-nous s’il fallait partir ? Aurions-nous assez de place pour les objets chers, les souvenirs ?
La poésie des mots et des dessins de Guridi est une réponse, celle de la réflexion et de l’obstination, celle de la volonté. Elle ne fait pas de miracle mais elle peut faire du bien. Elle permet de mettre les drames en évidence mais elle laisse une petite place à l’espoir. Elle est une petite lumière au fond du couloir noir.
Ouvrez la valise. La baleine est bien là !

Robert Froger

Mettre la poésie au jardin

S’il est un lieu qui accueille volontiers le poème, c’est le jardin. Alors, pourquoi pas donner une place à la poésie dans ce lieu éminemment vivant et inspirant ?

Article mis en ligne le 1er septembre 2021
par Alain BOUDET par

Michel Lautru est poète.
Il vit en campagne et, bien sûr, il a un jardin.
L’occasion était belle de pouvoir installer l’une dans l’autre.
C’est ainsi que, en divers endroits, les poèmes, brefs, ont trouvé leur place.
Ainsi est né, en plein confinement, "le jardin pouet"…

Chercher et choisir (ou écrire) les textes, trouver les supports (papier, ardoise, planchettes…), les associer à des objets ou à des images pour élargir le champ de l’imaginaire, aménager l’espace si l’on veut pour faciliter les haltes. Voilà la démarche. Faire du bien et se faire du bien… Offrir à penser…

Vous pourrez donner à cet espace le nom que vous voudrez. Il se limitera au jardin, à la cour de l’école, au sentier dans le village, aux panneaux et autres pancartes de la rue…

Et un conseil : renouvelez les textes régulièrement, changez éventuellement les endroits, pour attirer l’attention et susciter l’intérêt. L’insolite est souvent fécond…