Monte une autre histoire
au soulèvement de l’eau
La houle emporte les souffles
jusqu’aux lieux de rencontre
syllabes roulées vert bleu
à l’abord des criques.
Tout prend force dans la mer
un cri porté à limite de ciel
la roche remuée dans son plus vif
Tout prend force et soulève
chaque pointe avancée sur l’étendue
comme un peson.
……….
Le récit reprendra où nous l’avons laissé
nous n’aurons pas assez de toute la mer
pour embarquer la nuit.
On n’a rien dit de l’océan
Marilyse Leroux
Peinture : Anouk Van Renterghem
Édition : L’Atelier des Noyers, 2021
ISBN : 978-2-490185-46-7
Après Baudelaire (Homme libre, toujours tu chériras la mer !) et tant d’autres poètes qui ont chanté l’océan, qu’écrire de plus qui n’a encore jamais été dit ? Le titre un peu provocateur est une invitation à replonger dans l’immensité des flots bleus pour vivre de nouvelles aventures.
Dès le début de cet ouvrage composé à quatre mains (les textes de Marilyse Leroux alternent harmonieusement avec les peintures fluides d’Anouk Van Tenterghem), le lecteur est immergé dans une magnifique variété de bleus. Il peine à retrouver son souffle tant l’océan est force indomptée, houle, mouvement, ondulation, vague, pulsation du monde. Il perd vite ses repères (de la terre ou du ciel qui sera maître du voyage ?). Happé par les jeux d’ombre et de lumière, il se laisse descendre vers les hauts-fonds où se réinventent les départs.
Plonger à nouveau pour prendre force dans la mer, se raconter de nouvelles histoires et mieux se retrouver à l’intérieur de soi-même.
Michel Foucault