Neurones miroirs, Polder 207 – Julien Boutreux

Neurones miroirs, Polder 207 – Julien Boutreux

Neurones miroirs, Polder 207 Julien Boutreux

Extrait du livre "Neurones miroirs, Polder 207"

c’est-à-dire

une sorte de poème qui serait sur
cette marche où je suis assis
à observer quelques arbres contre un ciel patient
dans la fumée des cigarettes
je compte les jours qui me séparent
d’un temps où j’existais
à la croisée de chemins que je n’ai pas pris
les jours qu’il reste à (ré)fléchir
à occuper comme si de rien n’était
à remplir de gestes et de paroles
qui se dispersent contre le sens
je me souviens parfois
de quelques surgissements de vie
devenus chats écrasés au bord des routes
s’il y a quelque chose à comprendre
je dis bien si
c’est peut-être dans la mémoire

ce qu’il en reste

Page de couverture du livre de poésie de Julien Boutreux, Neurones miroirs, Polder 207

Note de lecture du livre "Neurones miroirs, Polder 207"

Neurones miroirs
Polder 207
Julien Boutreux
Illustration de couverture Christophe Lalanne
Décharge et Gros Textes, 2025
ISBN 978-2-35082-617-2
7,00 €

«Neurones miroirs» est un foisonnement d’émotions. On risque de s’y perdre parfois, comme dans ce manège de fête foraine qu’on appelle le palais des glaces, mais les émotions nous rattrapent toujours. «J’ai traversé tellement de miroirs que je ne me rappelle plus le pays d’où je viens».
C’est le jeu, parfois tragique, toujours énigmatique, du je et de l’autre. Le je qui peut être soi, le je qui peut être l’autre, le je qui se souvient de l’autre. C’est le trouble permanent causé par la recherche de soi et des autres. C’est aussi le problème posé par l’illustration de couverture, signée Christophe Lalanne et intitulée «Les Compagnons». Cet homme esquissé à l’encre noire et qui marche, est-il accompagné de son ombre ou de l’autre ? «Ton ombre te porte plus que tu ne la projettes».
À l’éternelle question «Qui suis-je ?», l’auteur répond en se faisant une raison. Il est dans ce monde, voit son corps, accepte d’être «locataire d’une vie et passager d’un moment» et termine par ces mots : «je me sens bien». Julien Boutreux, un fataliste volontaire ?

 

 

Robert Froger

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