Anne-Lise Blanchard – fiche auteur

Anne-Lise Blanchard – fiche auteur

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Éléments de biographie

Ecrit et publie depuis 2000, surtout des livres de poèmes, également de haïkus, de récits, d’entretiens, plus d’une trentaine. Longtemps collaboratrice de plusieurs revues de création littéraire et artistique, elle a animé à Lyon de 2003 à 2010 des soirées littéraires et musicales. Organise des évènements poétiques à Saint-Geoire-en-Valdaine, au pied de la Chartreuse. Membre du jury du prix littéraire de littérature africaine et des Caraïbes Étiophile. Participation à diverses anthologies. Livres d’artiste avec Pierrette Burtin-Serraille, Marie Alloy, Maria Desmée, Dominique Deboffle, eOle, Matt Mahlen, Véronique Agostini, Bernadette Planchenault.

Les revues suivantes lui ont consacré un dossier central :

Diérèse n° 45, été 2009

Diptyque n°3, décembre 2013

Poésie /première n°74, septembre 2019

Traversées, n°101, juin 2021

Haies vives, n°13, septembre 2024      

Portrait de Anne-Lise Blanchard

Éléments de bibliographie

A paraître : Danser, corps souverain, Musimot,2026.
Tableau du peu, Ad Solem – 2025
Soliloque pour ELLES, Unicité- 2024
Une odeur d’enfance, Voix Tissées –  2023
L’Horizon patient, Ad Solem – 2022
Le Ravissement de la marche, Atelier du Grand tétras – 2021
Epitomé du mort et du vif, Jacques André éditeur – 2019
Les jours suffisent à son émerveillement, Unicité – 2018
Le soleil s’est réfugié dans les cailloux, Ad Solem – 2017

Sélection de poème

Je suis partie reconnaître

champs et chemins parcourus

dans l’enfance puis jeune mère

les lavoirs se sont tus

la trace du chemin de fer ne relève

pas encore du vestige archéologique

l’odeur de mazout a effacé

la fragrance de lait cru

les granges se sont fleuries

modernes auberges de la ruralité

la distance de maison

à maison s’est comblée on ne sait

si c’est le village qui s’étend

ou la ville qui débarque

oh l’inattendu mélange

d’odeurs animales et de végétal pourri

bruisse aux narines d’un temps

révoqué flammèche

à laquelle je m’agrippe comme à continent

en dérive

****

Tableau du peu le matin

grisaille (ou est-ce moi) turbulence

des mains résonance du rien

 

fragments de conscience

inaudibles la journée se fractionne

 

tableau du peu la chambre bâille et

tâtonne le chat folichonne

 

une couverture rouge irrigue

le réel le dos respire

tableau du peu des brins de lavande

 

ouvrent la parenthèse radieuse

Bien des fois j’aurai franchi le seuil impersonnel

d’une chambre d’hôpital

pour poser mes lèvres sur ta joue pâle

La lumière s’accorde à ta faiblesse

et je cherche dans tes yeux l’arc-en-ciel

qui nous relie (sans superflu)

A ton chevet l’album photos

des petits-enfants te tient la main

comme un chapelet d’étoiles

****

Lumineuses fatigues quand

courbé entre

les rangées de tomates

déjà arrive sous la dent le suc acidulé

quand la main sous la ramure

couvrante débusque

le haricot

en tenue de camouflage ou bien

en un inégal

face-à-face avec le corps de glaise

layons encore à

défricher

****

L’intention quotidienne de vivre

éclaire l’épaisseur du monde

 

ancrés dans le réel pour

le nommer précisément

et nommer

notre amour dans la lumière dans la terre

dans le corps

 

notre amour

cette immensité

que nous parcourons en suivant l’étoile

qui se lève pour nous

 

et la voix intensifie la parole

et nos membres mêlés ont l’entêtante

vigueur des racines

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