Toi
les murmures de la rivière
te parlent sous la terre
Le vent aussi te parle
Moi
te parler
je ne le peux plus
Je recueille les confidences du vent
retenues dans les cheveux du saule
qui frôlait tes épaules
quand nous longions la rive
Peut-être y seras-tu encore ?
Ou au moins ton empreinte
puisque tu y étais
Le Chant du désespéré
Jean-Yves Tayac
Encre de couverture : Jean-Marc Barrier
Phloème, 2025
ISBN 9791096199-59-4
16,00 €
Jean-Yves Tayac est un poète passionné par l’art (diplômé en histoire de l’art, archéologie grecque, égyptologie) et la boxe (pratique et gestion du sport dans les fédérations). Le tout, savamment mélangé, influence ses écrits. Dans « Le Chant du désespéré » (le titre fait référence à un texte de l’Égypte ancienne), il nous entraîne, pour commencer, au bord de la rivière de son enfance, lieu de passage d’une rive à l’autre, à travers les cailloux. La rivière, source de vie, mais aussi, selon les croyances, lieu de passage entre le monde des vivants et celui des morts. Cette mort qui laissera K.O. le boxeur qu’il est lorsqu’elle provoquera la disparition de la nourrice qu’il a tant aimée, qui lui a tout appris, pour le guider dans sa vie à venir.
S’il est un mot qu’il faut utiliser en parlant de la poésie de Jean-Yves Tayac, c’est le mot sensibilité. Ses textes font ressortir l’amour, la reconnaissance, l’émotion devant le partage. Il lui est indispensable, voire vital, de garder les liens profonds qui l’unissaient à cette nourrice, Hélène, ces liens reçus en forme d’héritage et qui perdurent au-delà de la mort.
Je ressens alors ta présence
vers l’horizon
vers cet horizon vide
là où tu es certainement
Robert Froger