Dans le cadre des Rencontres Plurielles organisées par l’association des Printemps Poétiques de La Suze-sur-Sarthe, les classes inscrites ont la possibilité de rencontrer des poètes.
Voici les fiches auteurs qui leur sont envoyées afin de faire connaissance avant la rencontre en classe.
Éléments de biographie
Flora Delalande consacre sa vie à entremêler poésie, conte et plantes sauvages.
Elle est publiée chez Donner à Voir, l’Atelier de Groutel, le Temps des Rêves, Lignes d’Horizon…
En 2011, elle crée l’association Le Temps des Rêves avec de jeunes poètes et publie son premier recueil. En 2013, elle se lance dans la création de spectacles mêlant peinture, danse, musique et chant autour de ses poèmes. En 2023, suite à une commande des Amis des Printemps Poétiques de La Suze, elle co-crée, avec le musicien Florian Baron, « Créatures Poétiques et Musique monstre », un conte poétique, musical et graphique tout public, particulièrement adapté au public scolaire.
Depuis 2012, elle développe une activité d’ateliers d’écriture, à destination d’un public large, des écoles aux résidences séniors. Croisant les approches artistiques, elle tente d’y donner les clefs de la liberté poétique.
Soucieuse de porter la poésie au plus grand nombre et dans un réel rapport humain, elle propose des performances poétiques et participe également bénévolement aux Maraudes poétiques de la place de la République, à Paris, avec des associations. Ses derniers travaux interrogent le lien de l’homme à la nature puisqu’elle anime également des stages et balades où elle mêle botanique et poésie.
Éléments de bibliographie
Les ouvrages suivis de ( P ) sont disponibles à la bibliothèque du Promenoir Alain Boudet (Médiathèque Les Mots Passants – La Suze-sur-Sarthe).
Les feuilles ne tombent pas, elles s’envolent, Lignes d’Horizon, 2025 ( P )
Je serai là, Livre d’artiste, 2023
Paysage ondulatoire, Livre d’artiste, 2023
Des oiseaux dans le cœur, De doute et de paillettes, 2021 ( P )
Des étoiles dans la gorge, Lignes d’Horizon, 2021 (P )
La lente danse du ciel, Catherine Decellas, 2020
Withered Treasures, 2020
Partir, Donner à Voir, 2020 ( P )
Un caillot de mémoire, L’Atelier de Groutel, 2020 ( P )
Présence, Pensée, Rêve, Éditions Catherine Decellas, 2018 / réédition en novembre 2019
On dit que Dieu n’habite plus là, 2018 ( P )
À la fenêtre, Éditions Paysages, 2015 ( P )
Trésors parcheminés, 2013, rééd. 2020
J’ai dans le cœur
J’ai dans le cœur une fleur petite et frémissante
Fleur qui s’accorde au teint de mes joues rougissantes
Et s’agite immobile quand je te vois là-bas
J’ai dans le cœur une fleur
Fragile d’espérance
Qui ne demande pour vivre que la pluie de tes mains
La rosée de tes mots
La terre profonde et brune de ta seule présence
Flora Delalande
in Cairns 28, La Pointe Sarène, 2020
Le coquelicot
Un coquelicot a poussé dans l’entaille du trottoir.
Éclaboussure rouge sur le mur.
Tige hirsute.
Petite tête poilue penchée vers le sol.
Dubitatif.
Comme étonné d’avoir fleuri au sein de l’interstice.
Pourquoi ici plutôt qu’ailleurs ?
Soupçonne-t-il, le coquelicot,
Dans son trou de trottoir,
L’or frémissant des champs de blé ?
Flora Delalande
Les feuilles ne tombent pas, elles s’envolent
Lignes d’Horizon, 2025
Cavatines
Là-bas, un jour, sur l’bord d’la mer,
j’irai danser des cavatines
et lire mes vers d’un autre monde.
Sur l’bord d’la mer avec le vent,
la mouette et l’onde,
avec le temps girouette du monde,
je m’en irai et chanterai sur l’bord du vent.
Et j’partirai sur une clef d’sol
entre les lignes de tes remous.
J’piquerai mes notes dans l’sable fin,
et des châteaux de triolets,
des crescendos de coquillages,
absurdités je n’y peux rien.
Mais j’partirai en staccato
sous mes airs pianissimo.
Oui j’partirai, tu peux me suivre.
À deux c’est mieux pour faire des rimes.
Flora Delalande
Inédit, in
Chemin des poètes
Printemps de Durcet, 2011
Partir ?
C’est comme dévaler
La pente d’un pré vert
Consoler un enfant quand il pleure
Se lover dans les bras d’une femme
On le fait sans comprendre le
Pourquoi du comment
On s’en va
On ne sait pas pourquoi
Et pourtant on s’en va
Avec au fond des poches
L’envie de revenir
Ou d’arriver enfin.
Flora Delalande
Partir
Donner à Voir, 2020
Chaque jour, quand la ville se réveille, les gros camions des éboueurs passent dans la rue et la lumière de leurs gyrophares entre dans les maisons. Elle entre par les fenêtres et vient se glisser entre les barreaux des cages. Ça réveille les oiseaux qui, les plumes toutes enfarinées de sommeil, s’éclipsent un à un par les fenêtres pour aller dans la grande ville. Ce n’est qu’au soir qu’ils reviennent, sur les traces de l’allumeur de réverbères, après avoir accompli leur dur labeur d’oiseau ; faire lever la tête aux hommes d’affaires, s’envoler devant les enfants, les chats, les labradors, ramasser les miettes qui traînent par terre…
Flora Delalande
Des oiseaux dans le cœur
De doute et de paillettes, 2021
Une voix nous appelle.
Là-haut.
On monte la côte.
Il fait beau aujourd’hui. L’herbe vient de se réveiller de l’hiver. Elle est toute tendre et, ça et là, s’illuminent des bouquets de violettes.
On pourrait ignorer qu’une chapelle se trouve ici. Ça ne changerait pas grand-chose.
En hauteur, elle se cache, tapie entre les arbres.
On la voit au dernier moment et on ne peut s’empêcher de sourire.
À ses pieds, de petites croix aux entrelacs rouillés sont plantées en pleine terre.
Ramassée sur elle-même, on dirait une enfant concentrée sur un collier de perles.
Flora Delalande, On dit que Dieu n’habite plus là, 2018
Le plus dur pour les oiseaux, le plus beau aussi, c’est de réussir à transmettre les paroles d’amour d’un être à un autre sans les déformer. Ils passent leur vie à s’entraîner. C’est pour ça qu’ils chantent toute la journée.
…
Flora Delalande
Des oiseaux dans le cœur
De doute et de paillettes, 2021
On ne part jamais seul
Aussi dépouillé que soit le départ
Aussi précipitée que soit la fuite
Aussi brûlant que soit l’appel
On emporte toujours avec soi
Un coin de paysage
Un dernier regard
Des paroles
Des bribes de regrets
Et des sacs entiers de souvenirs
Flora Delalande
Partir
Donner à Voir, 2020
« Moi, avec mon fil et mon aiguille
Je raccommode
Je fais tenir les pages entre elles
Afin que chacun puisse suivre
Le fil fragile de son histoire
Au fil de soi
Je brode des mots
Au fil du temps
Je tisse des liens
Ce que je préfère c’est dénouer
Les gens noués de l’intérieur
Ce n’est pas le lien qui entrave
Ce sont les nœuds que l’on y fait.
Je suis couturier,
C’est le plus beau des métiers.
Si tu veux, je t’apprendrai. »
Flora Delalande
Des oiseaux dans le cœur
De doute et de paillettes, 2021
Venez vous servir !
Halte là ! c’est trop de bonheur !
Ça pulse, ça vit, ça aime, ça vibre
De sept heures à minuit
Bien plus certaines nuits
Halte là ! c’est trop de bonheur !
Je vous en donne un peu
C’est trop pour un seul homme
Toutes ces promesses, toutes ces surprises
Venez vous servir
Servez-vous pour deux
Ce n’est pas possible d’être heureuse ainsi
Ne m’a-t-on pas dit que la vie est rude
Qu’elle se mérite à coups de sueurs et de sacrifices
Pour sûr elle n’est pas un long fleuve tranquille !
C’est une cascade ivre d’être belle
Le bonheur existe Oui Je vous le dis
Venez avec moi goûter ses délices
Ses tours de magie qui jaillissent enivrent
Venez avec moi venez vous servir
Venez comme vous êtes
Tout doit disparaître
Non
Plutôt…
Faites-les grandir
Faites des boutures de petits plaisirs
De très grands vergers où croquer la vie
Cultivez l’amour sans le modifier
Repiquez les mots, les sourires discrets
Venez donc chez moi
La porte est ouverte
Le joli jardin n’a pas de barrières
Prenez un panier
Faites la cueillette
Venez donc à deux
Venez vous servir
Une dernière chose
Avant de partir
Laissez m’en quand même
Un tout petit peu
C’est que j’aime bien
Être heureuse aussi
Flora Delalande
in
Cairns 22
La Pointe Sarène, 2018