Patrick Joquel – Fiche auteur

Patrick Joquel – Fiche auteur

Dans le cadre des Rencontres Plurielles organisées par l’association des Printemps Poétiques de La Suze-sur-Sarthe, les classes inscrites ont la possibilité de rencontrer des poètes.

Voici les fiches auteurs qui leur sont envoyées afin de faire connaissance avant la rencontre en classe.

Éléments de biographie

Patrick Joquel est né à Cannes en 1959. Après avoir vécu et enseigné en Angleterre, au Sénégal et dans le Mercantour, il est professeur d’école retraité.

Grand voyageur, grand marcheur, il aime aller à la rencontre des lieux et des gens.

Il affectionne autant les bords de la Méditerranée, où il vit, que les cimes du Mercantour où silence et solitude nourrissent son écriture qui, pour lui, est aussi un voyage « assis ».

Il dit de lui qu’il « aime autant la mer que la montagne, le soleil que la neige, nager, marcher, ou skier ; les raviolis niçois que le poulet mafé de Kaolack, le tabouleh de Beyrouth ou le fish and chips de Whitby … et tant d’autres choses de la vie». Sa devise ? Pour être heureux, il faut oser le bonheur.

Il anime la revue de poésie Cairns, disponible au Promenoir de poésie Alain Boudet et sur abonnement.

Outre ses ouvrages en poésie, il écrit des romans, des albums, des ouvrages de pédagogie et est présent dans de nombreuses anthologies. Il anime de nombreux ateliers d’écriture.

Portrait de PATRICK JOQUEL

Éléments de bibliographie

Les ouvrages suivis de ( P ) sont disponibles à la bibliothèque du Promenoir Alain Boudet (Médiathèque Les Mots Passants – La Suze-sur-Sarthe).

Aux alentours du silence, photos de Laurent Del Fabbro, Pourquoi viens-tu si tard ?, 2024 ( P )

Sur les sentiers de l’invisible, photos de Laurent Del Fabbro, La Pointe Sarène, 2024

La rime a des bisons que le gazon ne connaît pas, illustrations de Yves Barré, La Pointe Sarène, 2023 ( P )

Page control, Illustrations de Yves Barré, La Pointe sarène, 2022 ( P )

Regards félins, photos de Flora Divina-Touzeil, La Pointe Sarène, 2021

Terre ! Terre !, illustrations de Nathalie de Lauradour, Voix Tissées, 2019 ( P )

Qu’est-ce qu’un regard ?, photos de Flora Divina-Touzeil, Pourquoi viens-tu si tard ?, 2019 ( P )

Cerf, nuage ou tapis volant, illustrations de Nathalie de Lauradour, La Pointe Sarène, 2018 ( P )

Capteur de rêves, photos de Flora Divina-Touzeil, La Pointe Sarène, 2017 ( P )

Quelques mots migrateurs, Corps Puce, 2017 ( P )

Écoute, illustrations de Patrick Tavernier, L’initiale, 2017 ( P )

Twenty-two sandwiches and a toast, illust. par M. Mahlen, Donner à Voir , 2016 ( P )

Vivre chocolat, illustrations de Theresa Bronn, Éditions du Jasmin, 2015 ( P )

Chercheur d’or, dessins de Johan Troïanowski , Pluie d’étoiles, 2014

Vivre m’étonne et marcher m’interpelle, Images de N. de Lauradour, Gros Textes, 2014 ( P )

Un bleu formidable, dessins de Johan Troïanowski, Le chat qui tousse, 2011 ( P )

Comme un chuintement d’air, illustré par N de Lauradour, Soc et foc, 2011 ( P )

Éphémères du bouquetin, Corps Puce, 2010 ( P )

Mille cinq cent dix-sept pieds sur le papier, Corps Puce, 2009 ( P )

Quant au guépard, je t’en parlerai plus tard, Éditions du Jasmin, 2008

Un emploi du temps de chamois, Clarisse, 2008 ( P )

Croquer l’orange, illustré par Johan Troïanowski, Pluie d’étoiles éditions, 2008 ( P )

Maisons bleues, sur des dessins de Nathalie de Lauradour, Soc et foc, 2007 ( P )

Les Demains d’Al Manach, avec Sophie Braganti, illustré par N. Trovato, Donner à voir, 2006 ( P )

Entre écritoire et table à carte, Corps Puce, 2006 ( P )

Tant de secrets …se cachent alentour, dessins de Johan Troïanowski, Gros Textes, 2005 ( P )

Que sais-tu des rêves du lézard ?, Magnard, 2004 ( P )

Sept dialogues d’ici et d’ailleurs, avec J.-C. Touzeil, l’épi de seigle, Gros Textes, 2003  ( P )

Olivanchois, avec P. Bergèse, l’épi de seigle, 2002 ( P )

Pudeur des brouillards, l’Amourier, 2002 ( P )

Mammifère à lentilles, illustré par E. Huet, Grandir, 2002

Le bruit d’un brin de bambou…, encres de D. Oury, Gros Textes, 2002 ( P )

Heureux comme l’orque, illustré par Y. Attard, Pluie d’étoiles, 2001 ( P )

Perché sur ton planisphère, avec des encres de Zaü, Lo Païs, 2001 ( P )

17 vues du mont silence, avec des encres de DerezADerez, Donner à voir, 2000 ( P )

 

À noter, aux éditions Magnard, « Poésie maternelle », 2007, « Fichier Poésie, cycle 2 et 3 », 2002 ( P ) et aux éditions du Jasmin « La Poésie contemporaine à l’école », 2012 ( P ), ouvrages pédagogiques.

Comment déguster un poème ?
On commence par regarder sa forme, ensuite on le lit en diagonale pour en sentir les premiers effluves puis mot à mot, lentement, on savoure. Lire et relire bien sûr. Les émotions, les sonorités, les surprises… les thématiques… les mots, les silences…
C’est complexe, un poème et jamais aussi simple qu’il en a l’air. Je crois que lorsqu’on réussit à se laisser lire par le poème, on commence à entrer dans sa voie autant que dans sa voix.

Patrick Joquel
Page control
La Pointe Sarène, 2022

Sur ta feuille
avec ton pinceau
tu mets de l’encre
trois couleurs
le maître a dit
pourquoi trois
il a toujours des idées comme ça
mais
sur tes bras
comme il n’a rien dit
tu traces
une invasion de serpents multicolores

Patrick Joquel
Croquer l’orange
Pluie d’étoiles, 2008

Sous le ciel bleu
ma planète est un câlin tout rond
toute sa vie me caresse
toutes ses couleurs m’embrassent

Oui
         je suis heureux sur la terre
         heureux comme une orange
         heureux comme l’orque
         heureux sur le sable
         heureux sur la neige
         heureux d’un bonheur multicolore

Patrick Joquel
Heureux comme l’orque
Pluie d’étoiles, 2001

Avec sa pelle en plastique
elle prend du sable
et le lance
loin dans la mer

Très loin

Un peu plus tard
elle remplit le seau d’eau
puis le vide
sur la plage

Tu le sais
tu en as fait autant
si loin que tu ne t’en souviens plus

Une autre vie

Aujourd’hui
tu n’as plus ni seau ni pelle
mais tu regardes encore la mer

Patrick Joquel
Croquer l’orange
Pluie d’étoiles, 2008

comptine au gruyère

j’en ai assez
oui ras la cruche
et plein la bûche
assez d’être râpé
fondu ou découpé

je veux pouvoir
compter mes trous
au chaud le soir
dans ma grand’roue

Patrick Joquel
La rime a des bisons que le gazon ne connaît pas
La Pointe Sarène, 2023

Dans ses noirs infinis
le cosmos par endroits pleure
et ses larmes sont dans l’espace
comme des œufs dans un nid

Le temps les couve

Un beau soir
car c’est alors un beau soir
une étoile brise sa coquille
et te sourit

Patrick Joquel
Perché sur ton planisphère
Lo Païs, 2001

La pleine lune
illuminait la plaine
et dans les dunes
un abri de fortune
claquait sa voile au vent
Noël rêvait son étoile
petite laine et mitaines
un songe de migrants
ou de fillette
aux allumettes

Patrick Joquel
Quelques mots migrateurs
Corps Puce, 2017

ce soir
posé sur son caillou
tremble un crapaud

dessous vibre un grillon

une chauve-souris
effleure l’obscur

je n’entends rien de son cri

l’ange aussi émet en ultra-sons
je ne l’entends pas non plus

what a pity

Patrick Joquel
Twenty-two sandwiches and a toast
Donner à Voir, 2016

J’écoute

J’entends le pin maritime
grignoter un écureuil.

J’entends une pie
jacasser l’écureuil.

Plus haut, j’entends un avion
gronder le ciel.

Là-bas, j’entends le chien
aboyer le bout du chemin.

J’entends aussi la route
klaxonner la voiture.

J’entends la poupée
promener sa petite Fiona.

J’entends sa joie
chanter sa voix.

Mais j’ai beau tendre l’oreille
je n’arrive pas à entendre les kakis mûrir.

Ni mes os me grandir jusqu’à les cueillir.

« Écoute encore .»

J’écoute.

Patrick Joquel
Écoute
L’initiale, 2017

Tu écris le mot mer

Tu sens l’odeur des algues
tu entends le petit bruit du ressac
tu vois l’horizon bleu
avec son petit voilier là-bas

Tu entres dans l’immense
et la fraîcheur de l’eau grimpe
à l’assaut de tes jambes
jusqu’au nombril

Tu inspires et tu plonges

La saveur du sel en bouche
tu nages au soleil
comme au début du monde

Patrick Joquel
Quant au guépard, je t’en parlerai plus tard
Éditions du Jasmin, 2008

Le dernier nuage éteint
le ciel se prépare à la nuit
celle-ci sera bleue

parfois
tes propres infinis tiennent aussi
au bout de tes doigts

Infini silence

Patrick Joquel
Aux alentours du silence
Pourquoi viens-tu si tard ?, 2024

tout au bout de la route
on peut trouver un loup
ou bien beaucoup plus doux
une chouette un hibou
un vieil ours en peluche
on ne sait pas
on y va
tournent les jours
tournent les roues
on ira jusqu’au bout de la route
et tout au bout
tout au bout
on verra bien

Patrick Joquel
La rime a des bisons que le gazon ne connaît pas
La Pointe Sarène, 2023

Si le poème est trop humide
le suspendre à un fil
et laisser bien sécher
avant de le déguster
au soleil

Patrick Joquel
Capteur de rêves
La Pointe Sarène, 2017

La mer est partie
rêver d’un autre rivage
Exil sans papier

Patrick Joquel
Qu’est-ce qu’un regard ?
Pourquoi viens-tu si tard ?, 2019

Nous on a cessé
de rêver à l’horizon
l’ici nous convient

Patrick Joquel
Qu’est-ce qu’un regard ?
Pourquoi viens-tu si tard ?, 2019

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