Pour que la poésie vous accompagne …
Un poème à lire et à entendre.

 

Colombier : arbre à colombes

Ramené des Amériques par Christophe Colomb, le
colombier doit son nom tant à l’explorateur qu’aux
nichées qui viennent y couver.
La tradition veut que les amoureux s’embrassent
sous sa couronne en se jurant fidélité. On déplore
cependant un risque à s’y bécoter trop longtemps :
recevoir, sur le chef, une décoration digne d’un
colombophile distingué.
Cela dit, les amateurs, qui en connaissent les vertus
secrètes, récoltent cette fiente précieuse pour la
joindre à leur shampoing quotidien.
Un arbre aux qualités insoupçonnées !
Voyez aussi plus loin le pigeonnier, avec lequel le
colombier a créé un réseau social.

Béatrice Libert
Abracadabrants
© Le Taillis Pré, 2021

Écoutons Robert nous lire ce poème…

Abracadabrants

J’ai cherché tes traces souvent
dans l’anse où les cormorans se rassemblent

mais la mer a bousculé les algues les galets
les anémones de mer et les rochers
même tes soupirs tes questions tes jupons

l’eau a tout oublié tes projets tes pieds nus
ce que tes yeux ont vu
ce que tes mains ont touché

l’eau a emporté tous tes corps
de jeune femme en sourires
de mère fatiguée
de femme abandonnée
de femme vieille au corps froissé

elle a tout effacé douceur patience
et même ton souvenir

suintent encore des larmes dans le sable

Mourir enfin d’amour
suivi de Amour dormant
Luce Guilbaud
Peintures de Luce Guilbaud
Al Manar, 2021
ISBN 978-2-36426-280-5
18,00 €

Délicatesse et détermination sont des mots qui peuvent qualifier l’écriture et l’œuvre plastique de Luce Guilbaud, avec, peut-être un souhait profond d’"arpenter les rêves et marcher vers l’au-delà de soi". Par l’évocation de la vie de sa grand-mère, elle affronte la fuite du temps et la disparition des êtres chers pour "mourir enfin d’amour". 
Il est souvent question d’attente dans les livres de Luce Guilbaud : attente de l’autre, de la vie pleine et entière, face à l’effacement de l’autre. C’est aussi l’occasion, pour l’auteure, d’évoquer encore les marais, l’estuaire, la mer, leur faune (cormorans, goëlands, seiches, huîtres...), leur flore (ajoncs, osiers, serpolet, algues...) et de lier le tout aux forces de la vie, de l’amour.
Dans "Amour dormant", qui fait suite à "Mourir enfin d’amour", Luce Guilbaud a ces mots lourds de sens dans leur réalisme et leur âpreté : "Le temps me déshérite". 
Pourtant sa mémoire est bien là, présente pour elle et pour les autres, et cet ouvrage en est une preuve éblouissante.

Robert Froger

Mettre la poésie au jardin

S’il est un lieu qui accueille volontiers le poème, c’est le jardin. Alors, pourquoi pas donner une place à la poésie dans ce lieu éminemment vivant et inspirant ?

Article mis en ligne le 1er septembre 2021
par Alain BOUDET par

Michel Lautru est poète.
Il vit en campagne et, bien sûr, il a un jardin.
L’occasion était belle de pouvoir installer l’une dans l’autre.
C’est ainsi que, en divers endroits, les poèmes, brefs, ont trouvé leur place.
Ainsi est né, en plein confinement, "le jardin pouet"…

Chercher et choisir (ou écrire) les textes, trouver les supports (papier, ardoise, planchettes…), les associer à des objets ou à des images pour élargir le champ de l’imaginaire, aménager l’espace si l’on veut pour faciliter les haltes. Voilà la démarche. Faire du bien et se faire du bien… Offrir à penser…

Vous pourrez donner à cet espace le nom que vous voudrez. Il se limitera au jardin, à la cour de l’école, au sentier dans le village, aux panneaux et autres pancartes de la rue…

Et un conseil : renouvelez les textes régulièrement, changez éventuellement les endroits, pour attirer l’attention et susciter l’intérêt. L’insolite est souvent fécond…