Pour que la poésie vous accompagne …
Un poème à lire et à entendre.

 

Colombier : arbre à colombes

Ramené des Amériques par Christophe Colomb, le
colombier doit son nom tant à l’explorateur qu’aux
nichées qui viennent y couver.
La tradition veut que les amoureux s’embrassent
sous sa couronne en se jurant fidélité. On déplore
cependant un risque à s’y bécoter trop longtemps :
recevoir, sur le chef, une décoration digne d’un
colombophile distingué.
Cela dit, les amateurs, qui en connaissent les vertus
secrètes, récoltent cette fiente précieuse pour la
joindre à leur shampoing quotidien.
Un arbre aux qualités insoupçonnées !
Voyez aussi plus loin le pigeonnier, avec lequel le
colombier a créé un réseau social.

Béatrice Libert
Abracadabrants
© Le Taillis Pré, 2021

Écoutons Robert nous lire ce poème…

Abracadabrants

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.
 

Poésie africaine
Anthologie
Six poètes d’Afrique francophone
Choix et présentation par Alain Mabanckou
Éditions Points, février 2009
ISBN : 978.2.7578.1688.2
6,90 €

Dirigé et présenté par Alain Mabanckou, ce volume réunit six poètes majeurs de l’Afrique francophone. Six voix incontournables de la poésie africaine du XXe siècle : Léopold Sédar Senghor (Sénégal), Birago Diop (Sénégal), Jacques Rabemananjara (Madagascar), Bernard B. Dadié (Côte d’Ivoire), Tchicaya U Tam’Si (Congo) et Jean-Baptiste Tati Loutard (Congo).

Poètes engagés, militants de la Négritude, ils chantent le traumatisme de l’esclavage et de la traite, les souffrances de la colonisation, les illusions et les désillusions de l’indépendance de leur pays, les douleurs de l’exil et de l’immigration.

La puissance des poèmes réside dans les mots qui métamorphosent les larmes de souffrance, les « plaintes basses », les pleurs d’« un rêve en allé », « le deuil des Tropiques dans les contrées du Nord », le « boulet trop lourd » de la lassitude en des chants d’amour. Ces chants puisent leurs racines dans celles du baobab natal, retrouvent le « Souffle des ancêtres » et clament la beauté (d’une femme aimée ou d’une terre abandonnée).

Les mots des poètes sont là pour garder « L’ESPOIR / de redonner force / à toutes les mains mortes » et ne pas céder au désespoir.

Michel Foucault

 

Mettre la poésie au jardin

S’il est un lieu qui accueille volontiers le poème, c’est le jardin. Alors, pourquoi pas donner une place à la poésie dans ce lieu éminemment vivant et inspirant ?

Article mis en ligne le 1er septembre 2021
par Alain BOUDET par

Michel Lautru est poète.
Il vit en campagne et, bien sûr, il a un jardin.
L’occasion était belle de pouvoir installer l’une dans l’autre.
C’est ainsi que, en divers endroits, les poèmes, brefs, ont trouvé leur place.
Ainsi est né, en plein confinement, "le jardin pouet"…

Chercher et choisir (ou écrire) les textes, trouver les supports (papier, ardoise, planchettes…), les associer à des objets ou à des images pour élargir le champ de l’imaginaire, aménager l’espace si l’on veut pour faciliter les haltes. Voilà la démarche. Faire du bien et se faire du bien… Offrir à penser…

Vous pourrez donner à cet espace le nom que vous voudrez. Il se limitera au jardin, à la cour de l’école, au sentier dans le village, aux panneaux et autres pancartes de la rue…

Et un conseil : renouvelez les textes régulièrement, changez éventuellement les endroits, pour attirer l’attention et susciter l’intérêt. L’insolite est souvent fécond…