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Pour que la poésie vous accompagne…
Un poème à lire et à entendre.


Poème pour consoler la poule triste


Si ton oeuf est chauve
Poule jaune et mauve
c’est parce que tu dors
quand la lune est d’or
et que les comètes qui sont pas si bêtes
viennent sur tes oeufs
voler leurs cheveux …

Poème pour reprendre son souffle


J’ai crabouillé mes pieds
J’ai cramoné mes mains
J’ai crapulé mes yeux
J’ai craboté mon nez
J’ai crapoussé mes joues
J’ai cralouché ma bouche
J’ai cradoqué mes dents
Mon petit crapounet Je suis crafatigué

Poème pour aimer les intempéries


Le vent a soufflu
La pluie a tombu
La neige a fondu
La grêle a grelu
L’tonnerre a tonnu
L’éclair a brillu
et ça ...
ça m’a plu !

Alain Boudet
Poèmes pour sautijouer
© les Carnets du dessert de Lune, 2010
collection lalunélà

Marion lit ces poèmes à sa petite fille Amélia âgée de 3 mois…
 


 


J’ai les cheveux emmêlés
dans le sel
et je ne sais pas
s’il reste de la place
pour ta main.
Ne touche à rien.
Pas aujourd’hui.
Il y a un vent pour tout.



Poste restante
Orianne Papin
Polder N° 185, 2020
ISBN 978-2-35082-445-1
6,00 €

Voilà qui parlera à nombre d’entre nous. Il est question d’amour dans ce livre. Et pas des moindre : des premières. On les met au pluriel mais elles sont plutôt singulières. Uniques. Fragiles et puissantes. L’amour de jeunesse et de vacances tout à la fois. Celui qui emplit la tête et le cœur, qui répond aux envies du corps dans le bonheur inquiet d’être deux, de s’apprendre, de conjuguer confiance et doute(s), instant et éternité.

Orianne Papin est journaliste. Les mots, elle les connaît. Dans ce livre, elle sait merveilleusement nous conduire à la lisière de ce qu’elle a vécu là, dans cette proximité de la mer et de son ressac qui interroge et qui répond aux élans des corps et des cœurs. Elle sait conduire le poème sur les chemins de la surprise en jouant parfaitement avec les sens et avec les sons. Et elle nous dépose sur le sable des amours initiales avec des mots majuscules. Poste restante…

Alain Boudet

Lire un poème…

Lire un poème, c’est aller à la rencontre d’un autre que, la plupart du temps, on ne connaît pas. Ce n’est pas si facile, finalement : il faut oser, faire connaissance, se mettre à l’écoute d’une parole pour qu’elle nous rejoigne. Voir ensuite comment on peut restituer aux autres les bienfaits de cette rencontre…

Article mis en ligne le 1er septembre 2020
par Alain BOUDET par

Lire pour découvrir

Une première lecture silencieuse permettra de découvrir le texte, d’appréhender peut-être son cheminement, son rythme et ses silences, sa rigueur et les écarts qu’il permet dans l’interprétation. Il se peut que l’on rencontre le texte, qu’il nous parle, qu’il nous montre, qu’il nous émeuve… ou pas.

Le poème est d’abord de l’ordre de l’oralité. Il est donc possible - j’allais dire souhaitable - de le placer dans une lecture à haute voix. C’est une étape qui permet de "l’entendre". Certains lecteurs préféreront le lire à voix intérieure. Mais ce qui importe, c’est ce sentiment non pas de lire, mais d’entendre le texte. C’est d’en avoir une image incarnée. Il arrive que, si l’on connaît le poète qui a écrit le texte, on ait le sentiment de l’entendre nous le dire, nous l’offrir. Et il est possible, avec un peu d’expérience et d’imagination, d’entendre intérieurement - disons silencieusement si l’on préfère - le poème dit par une voix de femme, d’homme, ou d’enfant, garçon ou fille. Et même une voix grave, ou chantante, ou munie d’un accent…

Lire pour offrir

On lit d’abord pour soi, bien sûr. Mais les poèmes sont aussi des objets, des lieux même de partage. Car on peut partager un poème que l’on aime, c’est-à-dire qui nous parle, qui rejoint ce que nous sommes, en le lisant aux autres.

Il y a diverses démarches sans doute pour lire à haute voix un poème ; Personnellement, je trouve que le meilleur service à rendre au poème et à l’auditeur ou aux auditeurs au(x)quel(s) on le destine, c’est de l’offrir sur le ton de la conversation.

La tentation est grande de mettre le poème "en scène", de lui adjoindre une gestuelle, des déplacements, des mimiques. Pas sûr que tout cela serve le texte. Cela peut arriver, parfois, mais le vrai premier théâtre du poème, c’est la voix. La vraie scène qui l’accueille, c’est d’être en présence, dans une proximité comme celle de la conversation. Ou de la confidence, du murmure, de la profération intense, de l’affirmation véhémente, du cri indigné, selon que ce que le poème nous dit. C’est à cela, justement, qu’il faut parvenir : cette lecture à haute voix qui devient un dire plutôt qu’un lire, même si le texte est présent sous les yeux du lecteur. Avec le souci, dans la voix, de ne pas forcer le texte à aller où il ne nous emmène pas. Il faut que l’auditeur ait le sentiment vrai qu’on lui parle le texte, pas qu’on le lui joue.

Offrir, c’est aussi à l’école

À l’école, au collège, au lycée, la poésie est souvent objet d’étude, territoire d’explication, recherche de ce que le poète a voulu dire. Ce faisant, on reste à la marge du poème, dans sa périphérie, les attendus, le commentaire, la glose même. Pas dans la vérité d’une parole qui s’adresse à nous, ici et maintenant.

Alors, à l’école, il faut oser ceci : lire régulièrement des poèmes pour le plaisir gratuit de l’échange. Comme un cadeau. Un cadeau, on l’aime ou on ne l’aime pas, sans savoir bien expliquer pourquoi. Il faut s’autoriser cette approche d’offrir. Il sera toujours accueilli, dans ce rituel de deux minutes. Et si tous les poèmes ne rejoignent pas tous les auditeurs, il s’en trouvera formément, dans le nombre, qui rejoindront chacune et chacun.

Alors… osez.

Vous pourrez découvrir sur la Toile de l’Un de nombreux poèmes dits. Parfois par les poètes eux-mêmes, parfois par des lecteurs, adultes, jeunes ou enfants. Les écouter et entendre, c’est encore la meilleure manière de prolonger ce que voudrait formuler cet article.

Vous pouvez prolonger la lecture de cet article par celui-ci :
Lire un livre de poésie