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La toile de l’un
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Sur les murs, la poésie s’invite à Lisbonne.
Comme ici, sur les hauteurs de l’Alfama, le plus vieux quartier de la ville…


Être poète, c’est être supérieur, c’est être plus grand
que tous les autres hommes !
Mordre comme donner un baiser !
C’est être un mendiant et donner comme si on était
Roi du royaume de la douleur et au-delà de la douleur !

C’est avoir mille désirs de splendeur
et ne pas savoir qu’on la désire !
C’est avoir en soi une étoile qui brûle,
c’est avoir des griffes et des ailes de condor !

C’est avoir faim, avoir soif d’infini !
(c’est avoir) comme heaume, des matinées d’or et de satin…
C’est condenser le monde en un seul cri !

Et c’est t’aimer ainsi, éperdument…
Tu es âme, sang et vie en moi
et je le dis en chantant à tout le monde !

Lu à Lisbonne le 17 septembre 2018…
Florbela Espanca, poète portugaise née Flor Bela de Alma da Conceição en 1894 et morte à 36 ans.
Merci à Luisa pour son aide précieuse à la traduction…

  



C’était un silence
tissé de mille souffles,
le temps pour une enfance
d’imprégner de son sel
la vague de ma vie.

Chaque matin,
ouvrant ma fenêtre,
la gloire des monts.

J’eus cette chance,

qui depuis
m’accompagne,

et rien
ne l’arrachera
du terreau de ma voix.


La peau de l’ours
Pierre Maubé
Préface de Michel Baglin
Éditions Pont 9, 2018
ISBN 979-10-96310-20-3
17,90 €

Il y a dans ce livre un silence infini. Comme un pays où habiter. Comme un espace peuplé de présences multiples et proches. Il y a celles du compagnonnage, de l’amour, de l’autre présent. Il y a celles du souvenir que l’oubli n’efface pas, des familiers disparus, de l’art qui nourrit le regard et le cœur et de l’enfance toujours vive. Il y a le présent avec son poids de suie, de brume, de blessures. La vie à vivre et parfois à porter. Et cet éclairage de l’avant qui met le tout en perspective. Cet après aussi. Celui de l’avenir chargé d’incertitudes et celui de la mort chargé de questions.

Pierre Maubé est un sage fébrile dans un monde où la nuit se propage. un guetteur de lueurs. Un inquiet humble et pour cela finalement, rassurant parce que tellement nous-mêmes. En fermant les pages de ce livre, reste cette impression puissante d’une vie et d’un rythme. Une maîtrise de la métrique. Une langue qui se parle. Lire Pierre Maubé, c’est l’entendre.

Alain Boudet

Noël

Nombreux sont les poètes qui ont écrit sur Noël et salué avec leurs mots la nouvelle année. Voici quelques textes à partager…

Article mis en ligne le 1er décembre 2018
par Alain BOUDET par


Photo Flora Touzeil
 

Sapin de Noël

Cocons de joie
suspendus aux branches.

Lumières déroulées
dans le secret des cœurs,

là où se tissent
des mots de laine pour l’hiver…

Ô ! Joie, ne t’enfuis pas !
Souffle sur nos paumes
une buée d’amour

Béatrice Libert
Un arbre cogne à la vitre
© Pluie d’étoiles

 

Repas de fête

Dans la cuisine,
sur la table encombrée,
tu reconnais la dinde
qui faisait la belle en juillet.
Tu savoures des yeux
terrines et tourtes,
quiches et bûches,
meringues et soufflés.
Tu caresses l’orange et la pomme,
la noix et le marron,
leur écorce chaude encore de tout l’été.
Et tu maraudes, pour toi seul,
leurs secrets de joie, de jus, de miel.

Béatrice Libert
Un arbre cogne à la vitre
© Pluie d’étoiles

 

Le petit enfant

Noël est passé déjà
Et ce sapin
Qui t’attendait de toutes ses épines
Tu étais tout petit avec tes rêves
Auprès du sapin de tes quatre ans
Et moi j’étais bien plus petit que toi

J’attendais ton entrée
J’attendais ta venue
Comme un cadeau de Noël

Et le sapin est resté triste depuis
Si triste

Auprès du tout petit homme
Auprès de ce petit enfant
Plein de rides et de pleur

Guy Allix - Poèmes pour Robinson
© Soc & Foc, 2015

 
Petits enfants de par le monde je suis le grand méchant vent froid prenez vos arcs prenez vos frondes et gais semons le désarroi

Petits enfants de par le monde je me fais vieux écoutez-moi visages noirs frimousses blondes je suis le Noël de la joie

Petits enfants de par le monde je suis le grand méchant vent froid à vos canons et fort qu’ils grondent sur les monts et sur les bois

Petits enfants de par le monde qu’ils soient de rien qu’ils soient de roi je glisse partout à la ronde des rêves doux à votre endroit

Petits enfants de par le monde je suis le grand méchant vent froid ah que vermeil le sang abonde j’ai déjà préparé vos croix

Petits enfants qui m’attendez assis en rond aux cheminées si ce grand vent vous entendez
 fermez-lui sec la porte au nez.

Arlette Chaurmorcel

 

A la cime du cèdre
se tisse un ciel corbeau
de la portée de plumes
qui s’écorchent au sapin
tombent des notes blanches
un trio d’oiseaux bleus
mésanges en guirlande
me solfège un Noël.

Eve Cazala

L’enfant lui a été donné
depuis la mémoire intemporelle des hommes
Elle a été traversée par l’enfant
comme par le poème
Maintenant il est là
Elle voudrait le garder pour elle
mais elle le montre
car il est donné pour tous
exposé au froid, à la nuit
et à la fragilité mortelle
La mère avec l’enfant
Elle a déjà un poignard au cœur
car elle lui promet la mort
Pour une autre vie
veut-elle croire

Nicole Laurent-Catrice

 

Non
je ne mettrai pas de clous à mon cou
ni de cravate atomique
Je ne porterai pas non plus
ma langue en papier journal
ni mon Walkman à bande FM
J’irai nu
sans téléphone et sans fil
fêter Noël chez les orques
Je croquerai le Nouvel An
tout cru sur la banquise.

Patrick Joquel

 

Un sapin de Haute Tinée
Rêvait d’un Noël tropical
Il découpa dans un journal
Une offre d’emploi en Guinée
Il fit aussitôt son bagage
Hélas son vol fut détourné
Il atterrit à Anchorage
                   Dommage.

Patrick Joquel

 

Le premier jour de l’an

Les sept jours frappent à la porte.
Chacun d’eux vous dit : lève-toi !
Soufflant le chaud, soufflant le froid,
Soufflant des temps de toute sorte
Quatre saisons et leur escorte
Se partagent les douze mois.
Au bout de l’an, le vieux portier
Ouvre toute grande la porte
Et d’une voix beaucoup plus forte
Crie à tout vent : premier janvier !

Pierre Menanteau - Œuvres complètes 
© Soc & Foc

 

 


Papa Noël sourit...
La hotte enfin vidée !
Près de toi que je ris...
Cadeau chaque journée !

© Cédric Landri

 

 

Le matin des étrennes

…/…

Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun , pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quel songe étrange où l’on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux,puis reparaître encore !
On s’éveillait matin, on se levait joyeux ,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux ...
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher ...
On entrait ! ...puis alors les souhaits ... en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !

Arthur Rimbaud - Les étrennes des orphelins (extrait) in Poésies complètes

 

pile ou face
le temps passe
et le vent
de décembre
attend le nouvel an
pour souffler
sur la cendre
et lever
le camp
vers d’autres horizons
pile ou face
le temps passe.

Patrick Joquel

 

Vous trouverez d’autres poèmes et comptines liées à ces fêtes sur le site Le bonheur est dans le près.

Article mis en ligne le 15 décembre 2018
dernière modification le 5 décembre 2018
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La Suze, village en poésie…

Les éditions Chatoyantes - L’œil pour l’œil publient deux ouvrages en noir et blanc de photographies consacrées à la Suze dans une collection consacrées aux villes et villages à travers des reflets.
Intitulés La Suze reflets - livret 1 et La Suze reflets - livret 2, ces livres sont en pré-vente au prix de 20 € l’un. 
Ils accompagnent une exposition de photographies en couleurs qui sera présentée, en mars, dans le cadre du Printemps des Poètes 2019 à la médiathèque Les Mots Passants de La Suze-sur-Sarthe.

Découvrez, sur youtube, un montage de photographies de reflets de La Suze.

Marcher, c’est la première des aventures.
C’est « être dans » et « aller vers »…
Qui marche dans la ville ou le village voit son regard sollicité par ce qu’ils offrent d’abord.
Des lieux qui se livrent en direct : maisons, monuments, mobilier urbain, mais aussi arbres et fleurs, personnages de rencontre, évènements, mouvements de circulation.
Et la vie qui bruit…
Mais il est une autre aventure possible du regard.
Plus exaltante. Plus étonnante. Plus exigeante aussi. Celle du reflet…
Pour qui veut, les vitrines, les fenêtres, les pare-brise, les flaques, les rivières et autres miroirs sont autant d’occasion de redécouvrir un environnement qui peut nous sembler familier. On entre dans une manière de secret. On découvre des angles nouveaux qui changent, littéralement, notre point de vue.

C’est un autre monde, alors, qui s’offre à nous dans la magie surprenante d’un regard neuf…

 Alain Boudet

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