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La toile de l’un
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Juste en face
Trop spontanée me suis avancée
Maintenant elles me regardent les roses
Elles s’insurgent et me poussent à la faute
Me regardent Les paupières concentrées
Petits visages démultipliés
Si lentement défroissés palpitent
Chacune m’observe sans gêne - sans ciller
On te l’avait bien dit - disent-elles
Oublie tes rancunes – Oublie - ma fille

Écoute
Les roses à peine roses et vaporeuses
Un fugace trait de rouge au scalpel
Ont de doux rieurs visages de vieilles
Quels regards insolents - elles me jettent
De m’avoir vu là en étrangère
Puis me lire à mon insu - fantôme
Leurs capiteux sourires me transpercent
Car elles semblent un temps me reconnaître
Moi pareillement complice - je me tais
Suis au parfum – et soudain moins lasse

Attends un peu
Le paysage du massif s’est agité
Un grillon puis un autre ont parlé fort
Les roses sont turbulentes et inquiètes
Tant pis on va jouer quand même - Disent-elles
Trois pailles pour qui rira la dernière
Alors elles chantonnent corolles ouvertes
Par chance ce soir une abeille est là
Un peu par hasard – elle compte les points
De dix en dix – tant qu’il fera jour
Entend ton cœur de rose – en sourdine

© Huguette Hérin (inédit)

 


Si de chaque année nous faisions un sillon
De chaque mois, de chaque jour,
De chaque instant, de chaque souffle ;
Si ce temps qui brise nos visages
Nous l’incisions sauvagement
Pour refuser ce qu’il fait de nous,
Mortels, conscients d’aller vers plus de laideur ;
Si de la moindre action, de l’infime anecdote
Si du réel le plus oubliable fétu
Nous saisissions outre la poussière humaine
Outre ce vent qui consent à se taire ;
Si ce sable étroit du destin nous l’empoignions
Pour le faire un peu scintiller dans l’air ;
Si l’herbe ignorée de nos milliers de nuits
Nous la cueillions pour commencer un bouquet
Et si la neige où tant de nos regards s’effacent
Nous l’écrivions sur la page invaincue du souvenir !


ATLAS de l’invisible
Gabriel Zimmermann
Couverture : Renaud Allirand
Éditions Décharge / Gros Textes
Collection Polder (179)
ISBN 978-2-35082-392-8
6,00 €

Le recueil "Atlas de l’invisible", de Gabriel Zimmermann, est composé de deux parties. Dans la première, "Histoire des brèches", l’auteur nous confronte directement à la mort. Celle d’une "voix [qui] s’est perdue dans le soir des vagues". Il nous confronte à la mort de l’humain (un proche) mais aussi à celle de l’animal en n’apprivoisant ni l’une ni l’autre mais en les ressentant au travers des bruits, des souffles, des soupirs, des voix "pendant que les diables observent et se délectent".
Dans la seconde partie, "Cartographier ce qui frémit", il s’agit de renouer avec la vie. L’écriture de Gabriel Zimmermann est une lame de fond qui voudrait tout emporter sur son passage : le temps, les chagrins, la vieillesse et la mort en laissant une fureur du lendemain. "J’appelle à la fureur, aux fééries du feu, / aux arcs-en-ciel multipliés...". Ce qui n’empêche pas l’auteur de s’inquiéter : "Qui dans un amour de vertige / Me parlera ? / Qui lancera la symphonie des brèches / Et l’écume enflammée ?".
C’est bien d’une lutte contre la mort dont il s’agit.
La poésie, qui nous prend aux mots comme aux maux, peut y aider.

Robert Froger

Une image : vitrine
Article mis en ligne le 1er mars 2019
par Alain BOUDET par

Où donc est la beauté ? Dans les tenues vestimentaires ? Dans le silence des visages ? Dans les reflets ? Dans la lumière ?

Où ?


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