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La toile de l’un
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Khadija

 


Elle a quitté son village
pour intégrer l’usine
comme on attrape un rêve
qu’elle ne quittera plus


Elle espérait tant de lueurs
et de couleurs éblouissantes


Elle espérait vivre debout


Elle est courbée, cassée, surprise
d’être machine et pas oiseau
derrière un arc-en ciel de fils
qui tissent et tissent pour que là-bas,
très loin, chez nous, chez vous, ailleurs,
des filles ignorant son histoire
et des garçons n’en sachant rien,
gavés de pubs et de néons
guettent les soldes


Elle a quitté son village
pour habiter l’usine
et elle pense souvent
qu’elle n’en reviendra pas.


Alain Boudet (inédit)
Extrait de Quelques-un(e)s
(à paraître aux éditions Henry)

 

 


Ô ma vie mon présent mon avenir
et vous tous mes semblables
mes différents

Nos chemins s’aimantent
s’aiment
se croisent
se dispersent
mais on nous dit depuis la nuit des temps
qu’ils se retrouveront
où toutes les couleurs
vives, sombres, vivantes et libres ô liberté
enfin nous seront permises


Ô ma vie
Marc Baron
Dessins Frédéric Coyère
Éditions la rumeur libre
Collection Lèvres de voyou
ISBN 978-2-35577-157-6
14,00 €

Marc Baron, poète, organiste qui, dans la (vraie) vie, est aussi un fervent adepte de la course à pied, n’a pas de peine à suivre et rattraper sa vie pour s’adresser à elle, l’apostropher, sur le ton de l’invocation mais aussi de l’incantation "ô toi ma vie tu m’en fais voir de toutes les couleurs".
Dans cette prière à la vie, qui est un seul et même texte, il évoque, avec elle, ses douleurs, ses plaisirs, ses colères, ses envies, ses amours. Tout cela au milieu des couleurs de la vie, des éléments de la nature, avec une vitalité à toute épreuve.
Le texte est encadré par deux dessins de Frédéric Coyère représentant des rails courbes, ces rails, comme des parenthèses qui ne se referment pas, qui montrent une voie, une vie à suivre, mais selon son rythme, et ses envies, guidé par sa propre liberté, omniprésente qui fait dire à l’auteur : "Sur mon île déserte / j’emporterai deux mots / l’amour et le pardon".

Robert Froger

Une image : vitrine
Article mis en ligne le 1er mars 2019
par Alain BOUDET par

Où donc est la beauté ? Dans les tenues vestimentaires ? Dans le silence des visages ? Dans les reflets ? Dans la lumière ?

Où ?


vitrine