Tu t'excuses comme un arbre - Stéphane Gauthron
Extrait du livre "Tu t'excuses comme un arbre"
Tu travailles comme une sardine
dans une boîte de conserve
où il y a
tout le sable de la plage avec toi
ce n’est pas une plage où tu te baignes
avec des corps qui sortent de l’eau
ou des paysages côtiers
c’est une plage où le regard rentre dans les yeux
et la lumière dans son soleil
…
Il n’y a que le jour que tu puisses voir le jour
parce que
la nuit porte sur ses contours
une enveloppe
que tes yeux ne traversent pas
la nuit tu ne vois pas le jour
les choses
les personnes
les détails
tout t’est caché
ça te tracasse
…

Note de lecture du livre "Tu t'excuses comme un arbre"
Tu t’excuses comme un arbre
Stéphane Gauthron
Polder 210, 2026
ISBN 978-2-35082-635-6
7,00 €
Qui est ce «tu» auquel l’auteur, Stéphane Gauthron, s’adresse tout au long de «Tu t’excuses comme un arbre» ? Est-ce lui-même qu’il observe, interroge et analyse ? Est-ce tout être humain pris dans la spirale de la vie et du travail ? Quoi qu’il en soit, l’observation est sans concession «tu inventes le repos pour donner le change à l’ennui». Vie de travailleur, obligé de creuser «plein de trous pour gagner de l’argent». Il évolue dans une vie où «les noms n’ont pas de noms et les visages peu de visages». Un monde absurde, angoissant, que même la présence des enfants ne semble pas rassurer complètement. Un univers où «tu dois toujours tout refaire». L’accélération des mots, des phrases, des situations fait ressembler la vie à une locomotive lancée à vive allure et devenue incontrôlable. Comment, dans ces conditions, arriver à se rattacher à son enfance, souffler et «mettre ta main d’adulte dans ta main d’enfant» ? Et pourtant…
Robert Froger
Pour prolonger la lecture :
Lien vers les autres notes de lecture des livres reçus pour le Promenoir de poésie contemporaine Alain Boudet hébergé à la Médiathèque « Les Mots Passants » de La Suze sur Sarthe.
Lien vers les notes de lecture des autres livres de la collection Polder:
– Quatrième Génération, Anthologie
– Plein les poches, Annie Hupé – Polder 208
– Neurones miroirs, Julien Boutreux – Polder 207
– Murs/Fragments de chantier, Charlotte Minaud – Polder 206
– La Fenêtre est restée ouverte, Élise Feltgen, Polder 205
– Trouble-miettes, Julie Cayeux – Poler 204